En rentrant, j'ai regardé passer le bus –le bus qui va chez toi. Cela fait des mois que je ne l'ai pas pris. Il en est passé trois à la suite.
Je sais que ce n'est pas la peine de trop me presser, et que quoi qu'il arrive, maintenant ou demain, il y aura toujours un bus pour m'amener chez toi..
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Ce matin, il faisait un froid glacial. Tu sais comment c'est, l'air était figé, il restait sur place, comme s'il enfermait le monde dans un étau invisible. Un étau de glace. Et chaque odeur libérée restait emprisonnée à l'endroit précis où elle l'avait été. Le froid, en réalité, garde les empreintes des odeurs, il fige le temps. Dans la rue Saint-Paul, mon nez a accroché la tienne, d'un coup –comme souvent. Elle était encore mieux conservée que d'habitude, à cause du froid..
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Je crois qu'aujourd'hui, j'ai vaincu cette vieille peur –la plus vieille de mes peurs. Je me souviens lorsque, encore enfant, j'ai réalisé pour la première fois ce qu'était la mort ; que nous n'étions pas immortels, que tout cela prendrait fin, un jour. Cela m'avait semblé insoutenable, contre-nature. J'avais passé de longues nuits recroquevillée dans mes draps, soutenant la pensée jusqu'à en être transpercée, et puis tentant d'aller chercher un peu de réconfort auprès de mes parents. Toujours tenaillée par cette question, les années qui ont suivi. Et lorsque j'ai découvert une autre vision, plus en accord avec ce que je sentais depuis toujours –cette voix qui me hurlait que non, c'était impossible–, il m'a fallu du temps avant que cette peur me quitte.
Il y a quelques heures, ce matin je crois, j'ai ressenti une douleur à la tête. Fulgurante. Et je me suis rappelée des avertissements sur les ruptures d'anévrisme, celles qui foudroient en quelques secondes, sur ce simple symptôme. Un instant j'ai paniqué, puis me suis retrouvée très calme. J'avais déjà passé des nuits de panique à cause d'un souffle coupé ou d'une douleur au ventre, des nuits de torture psychique. Mais ce matin, j'ai simplement pensé : si je meurs, je ne ferai que quitter ce corps. Sinon, j'y resterai. Voilà tout.
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J'ai monté les escaliers, et me suis arrêtée au deuxième étage. C'est là que j'habiterai en septembre prochain. L'australienne qui le possède n'y habite qu'un mois par an ; j'y logerai les onze autres. Mes parents seront toujours au troisième étage, en cas de besoin ou d'angoisses maternelles. J'attendrai sans doute fin août pour t'en parler, lorsque tout cela sera sûr, et pour te proposer d'y vivre avec moi.
Je ne sais pas si c'est vraiment ce que je veux –ni ne sais toutes les choses qui pourraient arriver d'ici là. Et je tiens à ma solitude, à mon calme. Mais nous savons tous deux que nous ne sommes pas faits pour nous voir occasionnellement, cela n'a jamais tenu ainsi, et nous ne le voulons ni l'un ni l'autre. Nous sommes faits pour nous voir une fois tous les six mois, ou pour habiter ensemble.
Combien de fois l'avons-nous dit ? Je te le répète : ce n'est pas parce que c'est toi. C'est parce que ce n'est personne d'autre.
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Je rapproche mes paumes ouvertes l'une de l'autre, jusqu'à ressentir une légère pression. Je palpe l'espace, y cherche des limites et des formes. Je joue avec l'énergie, j'éprouve ses différents niveaux de densité à mesure que mes mains s'écartent et se rapprochent.
Et je me souviens, il y a un an à peine, la première fois que j'ai éprouvé cette sensation. C'était la période des vacances de Noël, et comme chaque année, nous étions tous à la campagne. J'avais passé mon après-midi sur l'ordinateur de ma mère, à me renseigner sur les chakras, un sujet à propos duquel je ne savais rien, mais qui m'avait toujours intéressée. Et de fil en aiguille, j'étais tombée sur un site qui parlait –d'une manière scientifique et pratique, et non pas du ton illuminé que l'on peut parfois prêter à l'ésotérisme–, d'un phénomène appelé aura, ou corps subtils. D'après l'article, il existe autour de notre corps physique d'autres corps, mais d'une intensité vibratoire trop élevée pour être perçus. Il y en a plusieurs couches, qui s'emboîtent les unes dans les autres comme des poupées russes, chacune plus large, plus ténue, et englobant la précédente. Suivait un exercice pratique, pour parvenir à sentir ces corps que, selon l'auteur, chacun a le potentiel de sentir :
« Et pour commencer à sentir la pression énergétique des corps subtils, placer les deux mains face à face à quelques centimètres devant soi. Respirer. Éloigner et rapprocher doucement les mains comme pour pomper et compresser l'espace entre les deux mains. Persévérer de jour en jour, et sentir... »
Tu me connais, j'avais essayé immédiatement. Et après quelques minutes, j'avais perçu une légère pression entre mes paumes, qui s'est confirmée après vérification. Je n'osais pas y croire, mon c½ur bondissait d'excitation. J'avais peur du pouvoir immense de l'autosuggestion, car on ne voit que ce que l'on veut bien voir ; et pourtant, je l'avais senti, et le sentais encore chaque fois que j'essayais. Depuis, j'ai amélioré sans cesse ce ressenti, je l'ai affiné au fil des mois. J'ai acquis des connaissances permettant d'expliquer physiquement et métaphysiquement ce phénomène.
Je crois à ce que je vois, tu sais, à ce que je comprends. A ce qui me parait logique. Mais le scepticisme sans ouverture d'esprit me semble aussi dangereux que la crédulité –et ce n'est pas peu dire. Je crois au possible, et j'ai appris à ne jamais croire fermement qu'une chose est impossible avant d'avoir eu la démonstration du contraire. Notre réalité quotidienne me semble un peu étriqué ; car l'être humain n'a jamais eu besoin de qui que ce soit d'autre que lui-même pour s'imposer des limites..
* *
En farfouillant sur mon PC à la recherche de fichiers à effacer, il me prend une soudaine envie de relire un texte, écrit début septembre. Quatre mois bientôt, déjà.. Je ne saurais dire s'ils ont passé en une seconde ou en une éternité, tant j'ai expérimenté des dimensions différentes du temps. J'ai passé des années à me complaire dans la contemplation de mon propre passé, à relire des carnets, des textos, à me repasser le film de nos moments. A espérer. J'avais ce besoin de constater l'évolution de mes visions, d'observer et de consigner chaque changement. Chaque étape du changement. Puis j'ai atteint l'étape suivante, et je sens ce besoin disparaître peu à peu. Il m'importe peu qui j'ai été, et qui je serai, tant que je suis en accord avec qui je suis maintenant. Hic et nunc. Quoi d'autre ?
Mais ce soir, j'ai envie de relire, et je relis.
Leurs regards se croisaient. On y lisait l'émerveillement, un étonnement enfantin devant la grâce du moment. Cette limite où les mots n'ont pas la portée suffisante ; cette entente où l'on peut se passer des mots.
Une calme félicité naissait au c½ur de son être, elle contemplait son amant, son amour, soupirait de satisfaction. Incrédule, presque. Et cette intuition de toucher une perfection.. La peau veloutée gémissait de plaisir sous sa caresse. Tout s'était arrêté. Ils étaient tous deux parvenus à un état contemplatif, où seul l'Autre a de l'importance.
− Tu es dramatiquement plus beau nu qu'habillé, remarque-t-elle.
− C'est une tragédie..
Il l'attira à lui, l'embrassa comme s'il se fondait en elle, comme s'il voulait retirer chaque saveur de ce baiser, se les approprier. Tout bascula, car ils étaient Tout.
Elle comprit d'un coup le sens des mots ''J'ai envie de toi''. Ce n'était pas une envie de plaisir avec toi, ce n'était pas une simple frénésie des sens, une urgence dans le souffle et dans le désir ; c'était l'envie la plus pure et la plus profonde de toi, de l'essence même de ton être.
C'était l'union, l'union primordiale ; car la nature de la vie est dans l'union. Non pas une fusion, non pas être l'Autre, simplement s'y unir. C'était cela qui lui sembla le plus beau.
Il y eut une douleur, les yeux fermés sous l'élancement. Mais leurs mains s'étreignaient, mais leurs bouches se parlaient, sans mot, avec Amour, mais l'Amour les enveloppait dans son chaud cocon. Et elle sentait combien l'union était parfaite, combien l'amant était aimant. Combien elle se sentait réalisée.
Elle mit un peu de temps à réaliser, une fois seule. Elle chercha en elle-même, et vit qu'elle était rassasiée ; que l'euphorie des derniers jours avait fait place à la paix.
Qu'elle sentait que Tout pouvait enfin commencer..
Tu sais, je n'ai même plus envie de savoir à présent ce qu'il en est, si je suis certaine de mes sentiments –car ce ne sont que des mots. J'ai trop attendu de toi, et je n'attends plus rien. Ton absence ne créé pas de manque, et c'est la première fois depuis un an et demi que nous nous sommes rencontrés.
Je sais simplement que l'amour que j'éprouve est toujours là, peut-être même sublimé. Ta présence, ta pensée m'apporte la Joie. Et au terme des brèves périodes pendant lesquelles je pensais ne plus t'aimer, un simple message de ta part a suffi à rappeler ma tendresse.
* *
C'est drôle, pendant ces derniers jours, des pierres semblent s'être accumulées dans ma chambre. Sur mon bureau, il y a ce quartz rose acheté à Brighton l'an passé, les trois petites citrines et la calcédoine que je garde en permanence dans mon sac, la galène trouvée il y a trois jours au salon Vivez Nature –une énergie incroyablement intense, je ne supporte pas de la porter trop longtemps–, la rhodonite rose achetée aujourd'hui, mais aussi toutes mes vieilles pierres, celles qui me fascinaient lorsque j'étais gosse, et que j'ai ressorties de leur boîte en carton à l'achat de la galène. Je les ai étalées sur ma moquette, à côté d'un matelas futon que j'ai déployé pour lire au chaud ; il y a beaucoup de petites pierres dont personne ne s'est jamais occupé, une pyrite dorée, un énorme quartz rose, une pierre blanche qui semble neigeuse et cristalline à la fois, et dont je dois encore chercher le nom ; et une sublime améthyste, cette pierre violette aux épais cristaux. Enfant, je nourrissais une fascination intuitive pour cet univers minéral. Mais mon esprit de petite cartésienne ne concevait pas alors que les pierres puissent avoir un véritable pouvoir, c'est-à-dire une influence réelle ; et à dix ans, onze ans déjà, il me semblait que ceux qui accordaient du crédit à cette croyance nageaient en plein délire. Pourtant, cela ne m'empêchait pas de ressentir une intimité avec les pierres, au-delà de toute explication rationnelle –croyais-je alors.
Je n'essaierai pas de te persuader ; mon seul but est de parler ici à c½ur ouvert. On ne peut forcer les gens à voir ce qu'ils ne veulent pas voir. Sache simplement que les pierres, comme chaque chose qui nous entoure, possèdent un champ d'énergie qui leur est propre et qui, en interagissant avec le nôtre, influe sur celui-ci, et ainsi sur notre métabolisme.
Je m'amuse avec ces pierres, ressent leurs énergies aux textures variées, et teste leur impact sur mes chakras. Nous avons sept chakras principaux, normalement alignés. Chacun a une fonction particulière, et est le plus souvent relié à une glande. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi, lorsqu'une personne ne te comprend pas, lorsque vous vous disputez, il t'arrive de ressentir un n½ud à la gorge ? C'est précisément ici qu'est situé le chakra de la communication. Et lorsqu'une émotion forte comme la peur semble créer une enclume dans ton estomac, ou que l'amour y fait danser des papillons ? C'est là qu'est le chakra régissant les émotions. Et ainsi de suite. Quoi qu'il en soit, toutes nos fonctions sont prises en charge par ces pôles d'énergie. Et par leur intermédiaire, on peut donc contrôler ces fonctions. Le disfonctionnement d'un chakra entraîne une maladie plus ou moins sérieuse : un disfonctionnement de la gorge aboutit à une angine, etc. Les pierres sont l'un des outils que l'on peut utiliser pour influer sur les chakras, et je ne me gène pas pour cela. Chacune a sa fonction particulière, et influe davantage sur tel ou tel paramètre.
Je suis fatiguée. Il faut que j'aille dormir.
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Souvent, sur le chemin du lycée, je croise un gros chat tigré, qui a pris ses habitudes au coin de la rue de Turenne. Habituellement lové dans le renfoncement d'une fenêtre, il lui préfère ces derniers temps les courbes de la moto qui stationne devant.
J'ai remarqué que chaque fois que je pense à ce chat avant de passer devant la fenêtre, il se trouve là. Il suffit de penser. Le reste du temps, il n'y est presque plus. J'imagine que le froid de décembre a eu raison de lui..
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Tu sais, le matin, je n'arrivais pas à me réveiller. Dès que le réveil sonnait, aussitôt je le faisais taire, et aussitôt je replongeais dans un sommeil profond. Il me fallait plusieurs reprises de ce manège, et parfois l'intervention parentale, avant de finalement émerger. Je croyais que c'était dû au manque de sommeil, à l'interruption d'un cycle.
Depuis que j'ai acheté la galène, ce phénomène tend à s'atténuer. Sa fonction est le renforcement de la connexion Terre-Ciel ; elle ancre le chakra racine dans le sol, et ouvre le chakra couronne vers le ciel. Car lorsqu'une âme s'incarne, elle doit à la fois accepter son appartenance au monde physique, et son origine spirituelle. Tu te renseigneras toi-même là-dessus, si cela t'intéresse ; internet est rempli d'autant d'informations que tu pourrais jamais en avoir besoin, et je laisse cette recherche à tes soins.
C'est aussi pour cela que je t'aime, tu sais, pour cette capacité à aller chercher les informations qui t'intéressent. Nous avons tous les outils en mains, mais peu d'entre nous s'en servent. La première chose dont j'aie réellement besoin, dans une relation, est l'égalité ; et ce sur le plan intellectuel, aussi bien que sur le plan amoureux. C'est-à-dire qu'il n'y ait pas de dominant et de dominé, dans le sexe ou les relations en général. Sinon, une relation d'interdépendance s'établit, l'un est perçu comme supérieur à l'autre. Et outre le fait qu'une telle relation ne peut durer dans l'épanouissement des deux parties, cela va également contre le principe premier de l'Amour, qui induit l'égalité de la personne aimée. L'Amour élève, aussi bien l'amant que le bien-aimé, car la nature de l'Amour est l'union. Et cette relation d'égalité, je ne l'ai trouvée qu'avec toi. C'est pour cela que, pour le moment tout du moins, ça n'est qu'avec toi que je me sens chez moi.
Mais revenons à mes réveils troublés. Depuis que j'ai la galène, t'ai-je dit, et ce dès le premier jour, mon éveil est quasi instantané. Le sommeil est la période où l'âme s'échappe du corps –c'est dur pour elle d'y être enfermée, elle qui est faite pour la liberté illimitée. Tu connais le moment où, juste avant de s'endormir pour de bon, on s'assoupit quelques instants avant de redevenir conscient. Prête attention à ce moment, si tu ne l'as jamais fait auparavant. Tu constateras qu'il existe un laps de temps pendant lequel on n'a plus conscience de notre corps, mais simplement des pensées qui nous traversent l'esprit. Puis on revient à la conscience physique. Peut-être peut-on penser que c'est le moment où l'âme n'y réside plus.. Je te l'ai déjà dit plusieurs fois, tout ce que je te dis là, j'ai des raisons de le penser, des preuves et des témoignages convergents. Mais je ne peux t'exposer tout cela ici.. Encore une fois, renseigne-toi tu le désires, ce n'est pas mon boulot. J'apporte simplement ici quelques éléments nécessaires à la compréhension de mon approche de la réalité. Et cette approche est si imprégnée de ces conceptions qu'il serait vain d'essayer de me comprendre sans cela.
Je ne recherche plus à présent que l'on me comprenne. En revanche, je recherche la transparence dans les rapports humains, et dans les nôtres en particulier, sans doute parce qu'ils ne l'ont jamais été. Et si je te parle à c½ur ouvert, mon amour, je ne peux occulter la réalité dans laquelle je vis. Et puisque cette réalité n'est pas communément acceptée, c'est avec peu de gens que je peux parler avec une réelle transparence.
Une fois de plus, revenons à mon sujet –il semblerait que je sois d'humeur digressive ce soir. L'action de la galène a été de renforcer mon enracinement, donc de m'ancrer davantage dans la réalité physique –c'est-à-dire dans mon corps physique, et non pas dans un corps subtil d'un niveau vibratoire plus élevé. Et par conséquent, dès mon réveil, l'âme qui auparavant rechignait à rejoindre le corps le réintègre à présent aussitôt.
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J'étais à la piscine aujourd'hui, dans le cadre du cours de sport. Trente-cinq élèves se plaignent des minutes de trajet pour si peu de temps dans l'eau, de l'eau, de la fatigue, du froid, de l'hiver.. Arrivée bien en retard, pour cause d'un prolongement inopiné du cours de philo, j'enfile des palmes et goûte les infinis délices de l'eau caressant ma peau. Sous l'eau, je fais onduler mon corps à la manière d'une sirène, puis, faisant battre mes nageoires, j'accélère au maximum ; la vitesse me grise, me donne un sentiment d'éternité. Tournant sur moi-même, les bras en pointe, je fais la torpille. Puis je descends en piqué jusqu'au fond, et remonte en flèche, à toute vitesse. J'enchaîne les galipettes avant et arrière, ondule encore, finis sur un crawl fusant à la surface de l'eau. J'arrive au bout du bassin à bout de souffle, épuisée. Il me semble que je pourrais défaillir de volupté.
Les palmes sont pour moi l'expression simultanée de la liberté et de l'enfermement. On se déplace dans un fluide, à une vitesse merveilleuse, tout comme l'âme lorsqu'elle n'est pas entravée par le corps. Pourtant, on va moins vite que la vitesse de la pensée, et le plastique serrant nos pieds nous rappelle à la réalité matérielle..
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Le chemin n'est pas fini, tu sais, il m'en reste encore beaucoup à parcourir. Et cette pensée me remplit de Joie. Car le seul but est de découvrir qui je suis ; de le créer. Et le seul but est l'instant présent ; et j'y suis bien, en ce moment.
Je ne sais si on peut en dire de même de toi. J'aurai sûrement de tes nouvelles un de ces jours. Pour l'instant, la seule idée de ton existence me suffit.
Je suis seule, et cela me convient. Je l'avais toujours été, mais n'en avais jamais été consciente auparavant. C'est maintenant par choix que je le suis.
Et tu es la seule personne avec laquelle je pourrais partager cette solitude, car tu l'es tout autant. Et tu es la seule personne avec laquelle je voudrais partager cette solitude, car tu m'es égal.
Et quoi qu'il en soit, tôt ou tard, aujourd'hui ou demain, il y aura toujours un bus pour m'amener chez toi. J'ai tout mon temps, car le temps n'existe pas..
Je t'aime..


